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12 novembre... jours de repos...
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C'était le dernier jour aux Lofoten pour François. Demain 7h00, départ du ferry pour Bodo. Instant du rangement et préparation de la voiture. Je le regarde s'affairer et la pensée que mon tour va bientôt venir me bouscule un peu. Le ciel est un peu dégagé et il en profite pour gagner une dernière fois la falaise sous laquelle nous avons plongé. Steinar passe nous trouver dans l'après-midi et, apprenant que François s'en va, décide de venir lui faire ses adieux en début de soirée. Nous prenons un café puis il lui souhaite bonne route et bon retour en Suisse. Dernière soirée... nous refaisons un peu le monde. Demain à cette même heure, il me faudra un bon feu de cheminée et de la musique pour meubler un peu cette solitude qui me rejoint à nouveau pour ces dernières semaines.
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13 novembre...entre deux tempêtes...
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François frappa à la porte de ma chambre... 6h15. Le petit déjeuner était prêt. Seul un thé vert eu l'honneur de rejoindre mon estomac. Nous venions de passer deux semaines chargées de découvertes et je sentais qu'il emportait avec lui une partie de mes impressions. Le dernier sac chargé il s'en alla. Je trouvai immédiatement une occupation afin d'éviter de m'asseoir et de commencer à ruminer. L'expérience de ces quatre mois m'a montré à plusieurs reprises que le retour à la solitude après quelques semaines de compagnie et aussi difficile que le premier départ. Enfin, j'avais de la lessive à ne plus savoir qu'en faire et des films à développer. En début d'après-midi, je décidai de fuir la cabane transformée en penderie pour affronter la tempête. Je partis en direction de Reine puis je continuai sur environ 10 kilomètres la route qui suit la côte. J'avais emporté avec moi mon matériel photo moyen-format et je profitai de l'occasion pour faire des images du coulage des piliers d'un nouveau pont au dessus d'un fjord. Construction impressionnante à la tombée de la nuit... 15h00. De retour à Å, un petit feu tout pétillant me tint un peu compagnie pour la rédaction du site. La journée s'acheva avec la dernière braise... | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
14 et 15 novembre...peindre les Lofoten...
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sur la route de Svolvaer... | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
15 centimètres de neige fraîche sont tombés cette nuit mais je ne peux me résoudre à rester enfermé dans la solitude de la cabane. Après plusieurs tentatives je réussis finalement à gravir la pente de neige qui mène à la route principale. Je prends la direction de Svolvaer. Tout au long du trajet le paysage prend des aspects les plus inattendus. Des tempêtes de neige, claquant comme du sel sur la carosserie, s'abattent en quelques instants, puis de timides projections de lumière apparaissent au sommet des aiguilles. Bien que ma vitesse ne soit pas très élevée, je me vois contraint de ralentir à chaque courbe, n'ayant aucune confiance en l'adhérence. Après 30 kilomètres de chemin, j'arrive à Ramberg. J'hésite un instant à faire route plus au Nord, Svolvear se trouve encore à près de 90 kilomètres. J'avais l'envie de refaire une fois encore ce trajet, les paysages que l'on y frôle sont sublimes et, sous la tempête, l'atmosphère me plaît énormément. J'arrive finalement vers midi dans la petite cité.
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Je n'y ai rien à faire à vrai dire, à part quelques courses souvenirs. La ville présente un aspect un peu moins négligé que lors de notre dernière visite, la semaine dernière, avec François. Les trottoirs sont enfin praticables et la circulation un peu plus aisée. Je retrouve la E10 pour retourner vers Å. A mi-chemin se trouve la petite bourgade de Leknes. J'y fais halte. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Henningsvaer... | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
L'ambiance de Noël qui domine l'unique rue principale, me plaît beaucoup. J'entre dans une petite boutique à l'humeur bien sympathique. On y trouve de l'artisanat local. La vendeuse s'excuse auprès de moi pour l'aspect "un peu désordre" du magasin. Vendredi, me dit-elle, une petite fête est organisée et elle me convie en me disant que c'est le véritable Noël norvégien, un peu en avance. Je ne peux lui promettre de venir, Leknes se trouvant à près de 60 kilomètres de Å, avec l'état des routes, de nuit... Je suis le bienvenu si je change d'avis. Le chemin de retour me parut bien long, perdu dans mes pensées, seul le payage du tunnel sous le fjord me remit un peu les idées en place. Je dois avouer que la solitude dans la petite cabane, les jours très courts et l'impossibilité de prendre des photos parfois, à cause de la tempête, me pesaient un peu ce soir. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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15 novembre... la neige a cédé la place à la pluie cette nuit. C'est une plaque de glace sans discontinuité qui fait office de route. C'est inimaginable, je n'ai jamais rien vu de pareil. Je vais rester proche de Å, aujourd'hui. Je pars en prise de vue, c'est un cauchemar. Inutile de dire que l'on roule sans utiliser ses freins. Vitesse ultra-limitée, à chaque virage, je me demande si je ne ferais pas mieux d'aller à pied. En passant les deux grands ponts à la sortie de Reine, j'arrive à Hamnoy. Il ne pleut pas et la lumière revêt d'étranges contrastes. L'horizon se masque sous une tempête de neige, çà et là. Je gagne à pied le sommet d'un des ponts pour tenter de faire quelques images. | ![]() |
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sortie de route... | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Violence inouïe du vent. Le premier réverbère me sert d'appui. Si par malheur vous posez le pied sur la route, c'est une glissade dont vous ne connaîtrez l'arrêt qu'une fois le nez contre. J'en ai fait l'expérience bien quelques fois aujourd'hui. Les vagues gonflées par la tempête atteignent parfois le bord de la route. Une petite falaise surplombant ce spectacle puissant m'avait attiré, hier déjà. Je n'osai m'y aventurer de nuit. Ce matin je m'y rends. C'est à quelques minutes de marche et je gagne le sommet avec difficulté. En face de moi c'est un brassage d'eau extrême. Je reçois de face une "petite brise" harnieuse qui m'empêche de me placer.
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Hamnoy... | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
J'ai l'habitude de préparer mes cadrages avec l'appareil en main et ensuite de le fixer. Ne me sentant pas très stable, je posai mon matériel sur le trepied et soudain... plus rien. Une masse noire roulait dans la raide pente que je venais de gravir. 6 mètres plus bas, la victime. Je rejoignis avec difficulté la petite plateforme sur laquelle gisait mon appareil enneigé. J'enlevai la couche blanche qui l'enveloppait et je constatai les dégâts. La poignée était arrachée, l'optique ne semblait pas avoir souffert. Pour le reste du mécanisme, j'appréhendai de déclencher. Une chance cependant, il semblait encore fonctionner.
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la vue qui coûta la chute de ma camera obscura... | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Fâché contre cette tempête je rejoins mon véhicule et retourne vers le pont en construction puis vers Ramberg. Je fais un bref arrêt en passant sur ce dernier. Le vent s'engouffre à l'horizon et se dirige vers moi avec une telle force qu'il est impossible de passer de l'autre côté du fjord à pied. Je m'avance d'une dizaine de mètres au dessus du vide. La route ondule sous mes pieds, c'est une sensation redoutable ou chaque mètre me fais regretter un peu plus ma témérité. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Je tente de prendre quelques photos mais j'ai vraiment crainte que rien ne soit net. Impossible d'entreprendre le trajet avec un trepied, naturellement. Je rejoins le calme intérieur de la voiture. Je dépasse de quelques kilomètres Ramberg et je fais halte en bordure de route. Le décor est vraiment fantastique. C'est une petite plage, qui, en été est un peu fréquentée par des baigneurs. Je m'y étais arrêté voici cinq ou six ans, en août et j'avais passé la nuit dans mon sac de couchage, bercé par le flux et reflux des vagues. L'espace en cette saison est complètement différent, la houle à deux cents mètres du rivage se gonfle à plus de deux mètres de la surface. Des volumes surprenants viennent s'écraser sur les galets de la grève. Spectacle d'une puissance que je ne peux que respecter. La lumière diminue doucement...14h30.
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De retour, je passe chez Steinar, à Sorvågen, à deux pas de Å. Il m'accueille avec son épouse. Je lui raconte ma journée et il me propose de manger avec eux. Encore un instant qui me séduit. J'avais besoin d'un peu de compagnie et ils me l'offrent, avec gentillesse. Demain soir nous serons à nouveau réunis pour parler du Stockfishmuseum et de la prochaine saison touristique. Nous allons regarder ensemble les images que j'ai préparées ces dernières années et choisir lesquelles seront utilisées pour l'impression de posters. Je livre déjà chaque année près de sept cents cartes postales au musée . Après le repas Steinar me propose de regarder une émission de Thalassa, qu'il a reçue d'un ami. Un petit café dans le salon, entouré de tableaux d'artistes locaux. Il y a dans cette maison, tout ce que j'aime de l'ambiance nordique... | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
suite... | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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